C'est le symbole que les interprètes lisent à la verticale : racines, tronc et cime valent pour trois énoncés distincts, et on se rappelle lequel on regardait.
Aucune autre image de rêve ne se découpe tout à fait de cette façon. Un arbre se lit du bas vers le haut, et chaque tradition qui l'emploie attribue des sens distincts aux racines, au tronc et aux branches. Pris entier, il représente une vie qui a une histoire et une direction, une croissance impossible à presser, ce qui explique qu'il se présente pendant les longues périodes lentes plutôt que pendant les brusques.
Le couper, ou tomber sur un arbre déjà à terre, est la version qui remue le plus. Les lectures diffèrent selon qui tenait la hache. Un arbre que le dormeur abat lui-même se comprend comme une fin décidée, parfois avec un regret accroché à la décision. Un arbre couché par le vent ou par des inconnus renvoie à un changement venu du dehors. Ni l'un ni l'autre ne dit le moindre mot sur la santé d'un proche, et les versions populaires qui prétendent le contraire relèvent du folklore et non de l'interprétation.
Pose la question avant toute autre. Un olivier, un bouleau, un baobab et un platane ne pèsent pas du tout pareil dans les régions où ils poussent, et une grande part du symbolisme des arbres est locale plutôt qu'universelle. Plus important encore, l'arbre d'un jardin connu dans l'enfance arrive chargé de tout ce que ce jardin contenait, et aucun sens général ne peut lutter contre cela. Ceux qui savent nommer l'espèce trouvent presque toujours leur réponse assise dans le nom.


