La première question qui compte est de savoir qui accouchait, car la réponse déplace la lecture traditionnelle plus que n'importe quel autre détail.
Commence par l'identité de celle qui accouchait, parce que la réponse réorganise tout le reste. La lecture proposée le plus régulièrement fait de l'accouchement l'aboutissement d'un effort : une chose portée longtemps, souvent avec inconfort, qui prend enfin une forme visible par d'autres. On n'y voit pas une indication sur la fertilité, et cela ne renseigne personne sur son corps.
Des hommes racontent ce rêve, comme des personnes bien au-delà de l'âge d'avoir des enfants et des personnes qui n'en veulent aucun. La tradition s'en accommode sans peine, puisque l'image n'a jamais vraiment porté sur l'obstétrique. Dans ces cas-là, la lecture se concentre sur le travail lui-même : ce que tu fabriques depuis des mois, et s'il est prêt à exister sans toi.
Quand le rêveur assiste à l'accouchement de quelqu'un d'autre, les interprètes regardent de qui l'effort est observé et si tu aidais ou si tu restais en retrait.
Les accouchements douloureux, effrayants ou compliqués reviennent souvent et demandent d'être traités avec soin. On y lit traditionnellement la difficulté du passage à la réalisation, et ce ne sont des signes concernant personne. Un rêve ne porte aucune information sur une grossesse, sur une naissance ou sur l'état de quelqu'un, et le lire ainsi fait de la peine pour rien. Une inquiétude réelle de cet ordre se règle bien mieux auprès d'un professionnel que dans une fiche.
Une personne qui a réellement accouché rêve de cela avec une mémoire du corps attachée, et cette mémoire vaut plus que n'importe quel commentaire hérité. Pour elle, l'image fait sans doute autre chose : elle revient sur une journée précise plutôt qu'elle ne symbolise un projet. La lecture générale n'est qu'un point de départ offert à ceux qui n'ont rien de plus précis sous la main.


