Les douze périodes en entier, la raison pour laquelle chaque début de signe glisse d'un jour selon les années, et pourquoi les listes publiées se contredisent.
Un signe du zodiaque débute à la seconde où le Soleil entre dans une nouvelle tranche de trente degrés du grand cercle qu'il paraît parcourir autour de nous en une année. Cette seconde ne retombe jamais au même endroit du calendrier, et c'est pour cette seule raison qu'un site fait démarrer le Lion le 22 juillet quand le suivant le fait démarrer le 23. Voici d'abord les douze périodes telles qu'elles se présentent une année ordinaire, puis les trois causes qui les font bouger.
Les dates ci-dessous sont données en heure universelle, l'horloge de référence commune à toute la planète, réglée sur le méridien de Greenwich. Quelle que soit l'année consultée, elles sont justes à un jour près.
Un anniversaire posé trois ou quatre jours à l'intérieur d'une période ne demande aucune vérification : le tableau suffit et tu peux t'arrêter ici. Un anniversaire tombé le jour même d'un passage, ou la veille, ou le lendemain, ne peut être tranché par aucune liste, et la suite dit pourquoi.
Ce découpage ne doit rien à une décision administrative. Le compte part de l'équinoxe de mars, c'est-à-dire de l'instant où le Soleil traverse l'équateur céleste en remontant vers le nord, quand le jour et la nuit durent presque autant l'un que l'autre sur toute la Terre. Le Bélier commence à cette seconde-là.
Trois autres départs sont de vrais événements astronomiques, que les observatoires calculent à la minute. Le solstice de juin ouvre le Cancer, au moment où le Soleil atteint son point le plus au nord. L'équinoxe de septembre ouvre la Balance, le solstice de décembre ouvre le Capricorne. Les huit entrées restantes se contentent de partager ces quatre intervalles en portions égales de trente degrés.
Cet ancrage règle aussi une question que posent souvent les lecteurs installés au Québec, à Dakar ou à Nouméa : les périodes valent pour la planète entière. Elles se mesurent sur la place du Soleil le long de son parcours annuel, pas sur la saison qu'il fait dehors, donc le Bélier démarre bel et bien à l'équinoxe de mars là où celui-ci ouvre l'automne.
Le tour complet réclame à peu près 365 jours et six heures, alors que l'année civile en compte 365 tout rond. Chaque année ordinaire, le Soleil rejoint donc le premier degré du Bélier avec près de six heures de retard sur son horaire précédent, et ce retard atteint dix-huit heures au bout de trois ans. Une entrée qui se produisait en fin de soirée se retrouve alors au petit matin du lendemain.
Puis vient le 29 février. Le calendrier gagne une journée d'un seul coup et le passage revient tout près de sa position de départ. Il ne s'agit donc pas d'une dérive qui s'aggrave d'année en année, mais d'un balancement sur quatre ans qui se répète indéfiniment. Le ciel garde exactement le même rythme, c'est notre façon de compter les jours qui prend tantôt un peu d'avance, tantôt un peu de retard.
L'orbite de la Terre est une ellipse légèrement allongée, et notre planète file plus vite quand elle passe au plus près du Soleil, dans les tout premiers jours de janvier. Vu du sol, le Soleil expédie alors les signes de cette période de l'année et s'attarde au contraire dans ceux d'en face.
Le Sagittaire et le Capricorne sont les plus courts, un peu plus de vingt-neuf jours. Les Gémeaux et le Cancer sont les plus longs, un peu plus de trente et un jours. Près de deux journées séparent le signe le plus bref du plus étendu, seconde raison pour laquelle une liste bien alignée reste forcément une moyenne.
Trois causes suffisent à tout expliquer, et aucune ne vient d'un désaccord entre astrologues. La première est l'année pour laquelle la liste a été fabriquée : selon la place occupée dans le cycle de quatre ans, la même entrée tombe le 22 ou le 23.
La deuxième est le fuseau horaire, celle à laquelle on pense le moins. Le passage a lieu au même instant pour tout le monde, mais la date lue sur les horloges dépend de l'endroit où l'on se tient. Prenons une année où le Soleil entre en Vierge le 23 août à 1 h 20 en heure universelle. À Paris, où les pendules avancent de deux heures en été, il est alors 3 h 20 le 23 août et la date publiée tombe juste. À Montréal, en retard de quatre heures sur la référence, ce même instant correspond à 21 h 20 le 22 août : un enfant né là-bas à 22 h ce soir-là est déjà Vierge, alors que le calendrier accroché au mur affiche encore une journée de Lion.
La troisième est l'arrondi. Le passage se produit à une seconde donnée, une liste de dates ne dispose que de journées entières, et deux auteurs également sérieux tranchent parfois en sens contraire.
Pour le ciel, la situation n'a rien d'ambigu : à chaque seconde, le Soleil occupe un signe et un seul, jamais deux ensemble. Le seul moyen de savoir lequel consiste à repartir de ton année, de ton horaire et de ta commune de naissance au lieu de lire en travers un tableau valable en moyenne. Ce cas de figure a sa propre page dans ce guide, avec la marche à suivre.
Vérifier a un intérêt très concret. Les fiches de signes, ici comme ailleurs, décrivent le signe lui-même et supposent que tu es bien du bon côté du passage. Elles relèvent d'une tradition d'interprétation vieille de plusieurs siècles, pas d'une méthode de prévision vérifiée, et ne promettent aucun résultat. Reste que lire pendant vingt ans les textes de la Balance alors que le Soleil se tenait encore en Vierge à l'heure de ta naissance revient à étudier le portrait d'un inconnu.


