Les planètes et ce qu'elles représentent

De Mercure à Pluton, une phrase de sens pour chaque corps, et la vitesse qui explique pourquoi les plus rapides reviennent sans cesse dans les horoscopes.

L'astrologie appelle planètes dix corps du ciel : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. Chacun tient lieu d'une fonction, envie, parole, colère, prudence, et le signe qu'il occupait au moment d'une naissance se lit comme la façon dont cette fonction s'exerce. Ce qui ordonne la liste n'est ni la taille ni la distance : c'est le tempo. Plus un corps file vite, plus sa position te sépare des gens nés la même année que toi.

Les cinq rapides

Cinq corps changent de décor en jours ou en semaines, assez vite pour distinguer deux personnes nées la même saison. On les qualifie de personnels pour cette raison.

  • Le Soleil passe une trentaine de jours par signe et désigne ce vers quoi tu tires, l'élan central, ce que tu cherches sans arrêt à faire bien. C'est la position que tout le monde connaît, puisque la date d'anniversaire suffit à la trouver.
  • La Lune traverse un signe en un peu plus de deux jours et les douze en vingt-sept. Elle décrit la couche réflexe : ce qu'il te faut pour te sentir stable, et ta manière de répondre avant d'avoir eu le temps d'y réfléchir.
  • Mercure couvre la pensée et la parole : comment tu absorbes une information, comment tu la ranges, comment tu la rends. Vu de la Terre, il ne s'écarte jamais de plus de vingt-huit degrés du Soleil, ce qui le confine à ton signe solaire ou à l'un des deux voisins.
  • Vénus porte le goût et l'attirance : ce qui te plaît, ce que tu juges digne d'être gardé, ta façon de te rendre aimable. Elle reste à moins de quarante-sept degrés du Soleil, donc à deux signes au plus du tien.
  • Mars met environ deux mois à franchir un signe et signifie l'action et l'appétit : comment tu pousses, comment tu te disputes, ce que tu fais quand un obstacle se dresse.

Deux personnes nées à quinze jours d'écart partagent leur signe solaire et ne se ressemblent parfois sur rien d'autre dans ce groupe. L'essentiel des différences entre deux cartes vient de là.

Jupiter et Saturne, les horloges d'une vie

Ces deux-là occupent l'étage intermédiaire et marquent des étapes de parcours plutôt qu'une humeur passagère ou une classe d'âge.

Jupiter boucle son tour en une douzaine d'années, soit à peu près un an par signe, et retrouve sa place de départ vers douze ans, puis vingt-quatre, trente-six, quarante-huit. La tradition y lit l'expansion : là où tu es large, là où tu en fais trop, là où tu paries que les choses finiront par s'arranger. La même position se voit créditée de chance et accusée d'excès, ce qui décrit souvent un seul comportement observé de deux distances.

Saturne réclame près de vingt-neuf ans pour le même trajet, ce qui fait deux ans et demi par signe. Il représente la limite, la charpente et le prix des choses. Son retour au point qu'il occupait à ta naissance survient entre vingt-huit et trente ans, porte le nom de retour de Saturne, et passe pour l'épreuve de vérité des arrangements pris pendant la vingtaine.

Les trois lointaines et leur classe d'âge

Uranus, Neptune et Pluton avancent si lentement que toute ta classe d'école partage leur position.

  • Uranus fait le tour du Soleil en quatre-vingt-quatre ans environ, soit sept ans par signe. On y lit la rupture et l'indépendance : le refus net, le virage que personne n'avait vu venir.
  • Neptune demande à peu près cent soixante-cinq ans, donc quatorze ans par signe. Son territoire est celui des contours flous : l'imagination, le manque, l'illusion, l'envie de se fondre dans plus grand que soi.
  • Pluton met quelque deux cent quarante-huit ans et progresse de façon irrégulière, son orbite étant loin d'être ronde : douze ans dans un signe, plus de trente dans un autre. On lui attribue le pouvoir, l'emprise, et le genre de bouleversement qui ne te laisse pas garder la version précédente de toi-même.

Une mention comme Neptune en Scorpion désigne donc une tranche de naissances étalée sur quatorze ans, et non quelqu'un en particulier. Ces corps ne redeviennent personnels qu'en tombant tout près d'un point rapide, la place du Soleil par exemple, ou le degré du zodiaque qui montait sur l'horizon oriental à la minute de la naissance, ce que l'on nomme l'ascendant.

Une liste que l'astronomie a désavouée

Arrivé ici, un lecteur attentif bute sur un détail : le Soleil est une étoile, la Lune un satellite de la Terre, et Pluton a été reversé parmi les planètes naines en 2006. Aucun des trois n'est donc une planète au sens des astronomes. Le mot vient d'un terme grec qui désigne un vagabond, et l'explication est là. Pour qui observe le ciel à l'oeil nu, presque tous les points lumineux gardent leurs distances nuit après nuit, et une petite poignée se promène devant ce décor immobile. Ces baladeurs étaient les planètes, et les deux plus éclatants s'appelaient le Soleil et la Lune. Les astrologues les mettent d'ailleurs à part sous le nom de luminaires, c'est-à-dire les deux lumières.

La vieille liste a été gardée parce qu'elle n'a jamais prétendu classer les objets du système solaire : elle recensait ce qui bouge devant un fond fixe. Les trois lointaines manquaient d'ailleurs complètement aux Anciens, faute d'être visibles sans instrument. Uranus n'a été repéré qu'en 1781, Neptune en 1846 et Pluton en 1930, si bien que toute l'astrologie écrite avant ces dates travaillait avec sept corps seulement.

Assembler un corps et un signe

La formule de travail tient en une ligne : le corps dit quoi, le signe dit comment. Mars, c'est l'acte de pousser. Mars en Balance pousse en négociant, Mars en Bélier pousse en passant devant, et aucune des deux versions n'est la bonne. Une position qualifiée de difficile décrit le plus souvent une fonction qui fait son travail dans un style qui coûte quelque chose.

Deux couches complètent ensuite la lecture, et toutes deux appartiennent à la carte entière plutôt qu'à un corps isolé. Les maisons d'abord : douze parts du ciel que la tradition relie à des terrains de l'existence comme le travail, la famille ou le couple. Les aspects ensuite : les écarts d'angle mesurés entre deux corps sur le cercle, lus comme faciles ou tendus selon leur ouverture. Les premières partent de l'horizon du lieu de naissance et réclament donc l'heure précise ; les seconds se prennent d'un corps au suivant et tiennent debout sans elle.

Ce que vaut cette grille

Ces significations sont un héritage, pas un relevé. Aucune influence connue ne relie la planète Mars à un accès de colère, et les associations se sont formées au long des siècles par la mythologie, par des symboles empruntés ailleurs et par l'habitude, jamais par la vérification. La façon raisonnable de les tenir est d'y voir un vocabulaire : dix rubriques qui découpent un caractère selon des lignes commodes.

Prise ainsi, la liste mérite d'être apprise, car le découpage est fin. Vouloir une chose, courir après, en profiter, l'expliquer : voilà quatre capacités bien distinctes, et la plupart des gens sont nettement meilleurs dans certaines que dans les autres. Là où la tradition va trop loin, c'est en glissant de la description à l'annonce de l'avenir. Un corps installé dans un signe ne te dira pas de quoi le mois prochain sera fait.

Questions fréquentes

Combien de planètes l'astrologie compte-t-elle ?
Dix dans la pratique occidentale courante, en comptant les deux lumières et en gardant Pluton. Certains praticiens ajoutent Chiron, un petit corps repéré en 1977 entre Saturne et Uranus, ou une poignée d'astéroïdes portant des noms de déesses. Ces ajouts restent des choix personnels : le jeu de dix est ce que renvoie par défaut n'importe quel calculateur.
Pluton compte-t-il encore depuis qu'il est une planète naine ?
La plupart des astrologues l'ont conservé. La décision de 2006 portait sur le fait qu'il n'a pas fait le vide autour de son orbite, une question de classement céleste et non de symbolique. Une partie des praticiens attachés aux méthodes anciennes ne s'en servaient déjà pas et continuent de s'en passer.
Pourquoi mon Mercure tombe-t-il presque toujours dans mon signe solaire ?
Parce que la mécanique du ciel ne lui laisse guère le choix. Il circule à l'intérieur de l'orbite terrestre et reste donc accroché au Soleil dans notre ciel, ce qui ne lui ouvre que trois cases : la tienne, celle d'avant, celle d'après. Vénus est logée à la même enseigne, avec cinq cases possibles au lieu de trois.
Pourquoi les horoscopes quotidiens citent-ils toujours les mêmes corps ?
Parce qu'un texte neuf chaque matin exige des positions qui changent chaque matin, et seuls quelques corps bougent à cette cadence. Neptune, lui, garde la même case pendant qu'une classe d'âge entière apprend à lire, ce qui ne fournit aucune actualité. Les lents reviennent en revanche dans les prévisions annuelles, où l'échelle de temps leur convient enfin.

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