La position de la Lune à ta naissance, lue par la tradition comme ta façon de ressentir les choses, et qui change tous les deux jours et demi.
Ton signe lunaire est le signe du zodiaque que la Lune traversait à l'heure de ta naissance. Là où le signe solaire rassemble tous ceux qui fêtent leur anniversaire dans le même mois, la Lune couvre cette distance en deux jours et demi environ. Une seule semaine de naissances se répartit donc sur trois ou quatre réponses.
Les deux mots sont confondus en permanence alors qu'ils répondent à des questions sans rapport. Une phase, pleine lune, nouvelle lune ou l'un des croissants intermédiaires, est une affaire d'éclairage : elle dit quelle part de la moitié éclairée par le Soleil se trouve tournée vers nous. Un signe lunaire est une affaire de direction : il dit dans quel douzième du zodiaque la Lune se tenait, vue depuis la Terre.
Les deux cycles n'ont même pas la même durée. Revenir devant les mêmes étoiles demande à la Lune 27,3 jours. Retrouver le même éclairage en demande 29,5, parce que la Terre a continué d'avancer autour du Soleil pendant ce temps et que la Lune doit rattraper ce retard avant que la lumière se répète.
Naître un soir de pleine lune et naître avec la Lune en Balance sont donc deux faits distincts à propos de la même nuit. Connaître l'un ne renseigne en rien sur l'autre.
La Lune boucle son tour du zodiaque en 27,3 jours. Divise ce tour par douze et il reste un peu plus de deux jours pour chaque signe. Le chiffre varie d'un mois sur l'autre, parce que l'orbite n'est pas un cercle parfait et que notre satellite accélère lorsqu'il passe au plus près de la Terre, mais deux jours et demi est l'ordre de grandeur à retenir.
Ce rythme place cette position pile entre les deux autres dont tout le monde parle. Le Soleil reste un mois entier dans le même signe. L'ascendant, c'est-à-dire le signe qui monte à l'est à un instant donné, tourne toutes les deux heures. La Lune tient le milieu, et c'est bien pour cela qu'une date suffit la plupart du temps, sauf les jours où elle ne suffit pas.
La Lune reçoit la charge du dedans plutôt que du dehors. Si le signe solaire décrit ce que tu vises, le signe lunaire décrit la réaction qui arrive avant toute décision : ce qui t'apaise, ce vers quoi ta main se tend quand la fatigue arrive ou que l'imprévu te prend de court, ce dont tu as envie une fois que tu cesses de jouer un rôle.
C'est la position que les autres aperçoivent le moins. Des collègues peuvent la côtoyer dix ans sans jamais la rencontrer. Les gens qui vivent sous ton toit ne voient presque que cela. Quelqu'un dont la Lune est décrite comme prudente et ordonnée peut passer pour un aventurier au bureau et rester incapable de dormir tant que la cuisine n'est pas rangée.
Rien de tout cela n'annonce l'avenir. Ce sont des significations qu'une tradition d'interprétation vieille de plusieurs siècles attache à une position dans le ciel. Leur intérêt tient à une seule question : te donnent-elles un nom exact pour une chose que tu savais déjà à moitié sur toi-même ?
Une date et un lieu suffisent à la plupart des gens. L'exception, c'est le jour où la Lune quitte un signe pour entrer dans le suivant : si le passage s'est produit pendant les vingt-quatre heures de ta naissance, la date seule ne dit pas de quel côté de la ligne tu te situes.
Le cas n'a rien d'exceptionnel. Une frontière est franchie une douzaine de fois par mois, si bien qu'une bonne part des anniversaires tombe un jour de passage. Impossible de deviner d'avance si le tien en fait partie, et c'est la vraie raison de renseigner une heure dès que tu en as une.
Quelques points à connaître avant de chercher :
Si un calculateur te donne un signe pour le matin et un autre pour le soir de ton anniversaire, c'est le passage qui se manifeste. Le réflexe utile est alors de partir en quête d'une heure réelle, pas de garder la description qui te plaît le plus.
L'information utile se trouve dans le rapport entre les deux, pas dans chacun pris à part. Lus séparément, ce sont deux portraits d'une même personne, et ils se contredisent souvent.
Quand le Soleil et la Lune tombent dans des signes de tempérament proche, ce qui t'attire et ce qui te calme tirent du même côté. Ces personnes paraissent cohérentes vues du dehors et se sentent assez tranquilles au-dedans, mais elles repèrent lentement leurs angles morts, faute d'une voix intérieure qui plaide autrement.
Quand les deux sont éloignés, on retrouve le profil de celui qui court après une chose et se repose dans son contraire : à fond toute la semaine et remis d'aplomb par une journée à ne rien faire, sociable en public et obligé de fermer sa porte ensuite. Cet écart passe pour un défaut à vingt ans, puis devient un mode d'emploi une fois que l'on a cessé d'attendre de soi une seule note.
Dans les deux cas, mieux vaut calculer cette position pour de bon que la deviner. C'est celle qui a le plus de chances d'éclairer la part de toi que le portrait du signe solaire laisse entièrement de côté.


