Le chiffre du foyer, doublé et coupé par le un : on situe cette suite du côté de la maison, de la famille et de l'envie de tout tenir soi-même.
Une maison qui tourne repose sur un travail que l'on ne voit jamais : les rendez-vous notés quelque part, les courses faites avant que quoi que ce soit ne manque, les humeurs surveillées du coin de l'oeil. C'est ce terrain-là que la tradition attribue à 1616. En numérologie, le six couvre la maison, l'attention donnée aux autres et le devoir qui vient avec ; le un, l'élan personnel et une route qui n'appartient qu'à toi. La suite les fait alterner, et tout ce qui s'écrit à son sujet se tient sur cette couture : d'un côté ce qui est porté, de l'autre la personne qui porte.
Des neuf chiffres simples, le six est celui que les auteurs décrivent avec le plus de sympathie, et c'est aussi celui dont ils signalent aussitôt le point faible : la charge grandit plus vite que la personne qui l'assume. Le défaut rangé sous ce chiffre n'a donc rien de méchant, il s'appelle épuisement. Quant à la réputation sinistre attachée ailleurs à ces trois-là, elle vient d'un texte religieux et d'une tradition séparée ; elle ne passe pas dans le calcul numérologique.
L'excès de responsabilité est le mécanisme précis que l'on épingle au six, et 1616 est la suite qu'on lui applique le plus souvent. Ce qui est visé n'est pas le fait de s'occuper des autres. C'est le moment où s'occuper des autres s'est durci en organisation, et où l'organisation a fini par remplir chaque pièce du logement. Les formes citées se reconnaissent facilement :
Rien là-dedans ne constitue un diagnostic, et un nombre aperçu plusieurs fois n'apporte aucune information sur une famille réelle. C'est la description d'un mécanisme que beaucoup de gens reconnaissent, ce qui explique à peu près tout l'usage de la suite.
Reste l'autre chiffre, et c'est lui qui empêche de résumer 1616 à la vie domestique. Le un désigne l'initiative et une direction personnelle, ce qui le met en tension directe avec tout ce que le six maintient debout.
La formule habituelle tient en une phrase : le six dit ce qui est porté, le un dit qui le porte, et leur alternance figure la concurrence des deux pour les mêmes heures. On l'applique volontiers au parent qui n'a plus eu une idée à lui depuis le mois de mars, ou à l'adulte revenu chez les siens pour donner un coup de main et qui mène désormais deux vies.
Comme le six penche vers la famille, on lit volontiers la suite dans des situations difficiles : une maladie à la maison, un parent âgé, un foyer sous pression réelle. Une mise au point s'impose ici. Un nombre n'a aucune compétence sur une question médicale, juridique ou financière, et rien sur cette page ne remplace l'avis de quelqu'un dont c'est le métier. La lecture propose un cadre pour un sentiment, elle ignore tout de ta situation.
Il existe d'ailleurs une raison très ordinaire à ces rencontres répétées : dès qu'une suite compte pour quelqu'un, elle lui saute aux yeux sur les tickets, les plaques et les écrans, alors que les centaines de fois où elle brillait par son absence ne restent dans aucune mémoire.
Ce qui suit est en général minuscule. Quelqu'un remarque le nombre, mesure au passage ce qu'il porte depuis des mois, et pose enfin une question repoussée depuis presque aussi longtemps, souvent une variante de : qu'est-ce qui arriverait si j'en faisais un peu moins ? La réponse vient de sa vie, pas de quatre chiffres imprimés sur un ticket de caisse. C'est le meilleur usage que ces suites permettent : interrompre la routine assez longtemps pour qu'une question soit posée à voix haute.


